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Sortie du mazout : les installateurs tirent la sonnette d’alarme
Un soutien à la transition… mais pas à n’importe quel prix
Contrairement aux idées reçues, les installateurs ne s’opposent pas à la sortie des énergies fossiles :
- 70 % comprennent la nécessité de décarboner
- 55 % y sont favorables dans un horizon de 10 à 20 ans
Mais un chiffre interpelle :
80 % estiment que le secteur n’est pas prêt à accompagner cette transition dans de bonnes conditions
Le message est clair : l’adhésion existe, mais la mise en œuvre pose problème.

« On ne peut pas envoyer les citoyens dans le mur »
Sur le terrain, les installateurs font face à une réalité quotidienne : celle des bâtiments mal isolés, des budgets limités et d’infrastructures insuffisantes
Moins de 40 % des logements sont aujourd’hui réellement compatibles avec une pompe à chaleur performante
Les rénovations nécessaires peuvent atteindre des montants très élevés
Imposer des échéances trop rapides reviendrait, selon eux, à créer une impasse pour de nombreux ménages.
Pompe à chaleur : une solution… mais pas une solution miracle
Les installateurs sont clairs : la pompe à chaleur fait partie de la solution… mais elle ne peut pas être la seule réponse
Les freins sont multiples :
- coût d’installation élevé
- prix de l’électricité
- nécessité de rénover le bâtiment
- limites du réseau électrique
« La technologie fonctionne quand les conditions sont réunies. Or, elles ne le sont pas dans la majorité des cas. » - Jean-Bernard Cuvelier, Transition Manager Renewables – Techlink
Des infrastructures qui ne suivent pas
La sortie du mazout ne dépend pas uniquement des choix individuels.
Les professionnels pointent un manque de préparation global :
- 75 % jugent la capacité des réseaux électriques insuffisante
- 90 % manquent d’informations sur les réseaux de chaleur
- moins de 5 % trouvent facilement du personnel qualifié pour ces technologies
Sans vision territoriale claire, les décisions deviennent risquées pour les citoyens comme pour les professionnels.
Le vrai problème : le manque de main-d’œuvre
C’est le point le plus critique de l’enquête :
- 95 % des entreprises peinent à recruter
- un secteur vieillissant
- des compétences en forte tension
Sans installateurs formés, aucune transition n’est possible, quelles que soient les ambitions politiques
« La transition énergétique ne repose pas uniquement sur les équipements, mais sur les femmes et les hommes qui les installent. » - Transition Manager Renewables – Techlink
Une fracture avec les réalités du terrain
Le constat est brutal : 96 % des installateurs estiment que les pouvoirs publics ne comprennent pas suffisamment leur réalité
Résultat :
- des règles jugées instables
- un manque de lisibilité
- une difficulté à conseiller les clients
Une transition à repenser… avec le terrain
Les installateurs ne disent pas non à la sortie du mazout. Ils demandent :
- une transition progressive et réaliste
- une neutralité technologique
- un alignement avec l’état du bâti et des réseaux
- un investissement massif dans la formation
En résumé : organiser la transition plutôt que la précipiter.
Un avertissement… mais aussi une opportunité
L’enquête livre un message sans ambiguïté : la décarbonation échouera si elle est imposée sans tenir compte du terrain. Mais elle peut réussir si elle est co-construite avec les professionnels
À propos de l’enquête
Menée entre décembre 2025 et janvier 2026, l’étude repose sur 241 installateurs, représentant 412 entreprises wallonnes, soit un taux de participation proche de 60 % – un niveau exceptionnel pour le secteur.